Quel plan de protection des cages d’escalier tapissées/boisées ?

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Un plan de protection des cages d’escalier tapissées et boisées doit combiner maîtrise du risque d’incendie, désenfumage efficace, compartimentage, choix de matériaux à faible combustibilité ou traités, et procédures d’exploitation adaptées au type de bâtiment (habitation ou ERP), en cohérence avec les règles françaises en vigueur et l’environnement opérationnel local de Saint-Denis et de la petite couronne couverte par la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris.
À Saint-Denis et dans ses communes voisines de la proche banlieue nord, l’intégration de mesures de prévention et de coordination avec la Brigade est essentielle compte tenu de la densité urbaine et des typologies d’immeubles mêlant parties communes boisées et circulations anciennes.

Contexte et risques

Dans une cage d’escalier, les revêtements textiles et le bois constituent des charges combustibles favorisant la production de fumées et la transmission thermique, ce qui impose d’agir sur la réaction au feu des matériaux et le contrôle des fumées.
La fumée est le premier vecteur de danger en évacuation, d’où la priorité donnée à créer une zone d’air libre sous la couche de fumées par un désenfumage naturel ou mécanique selon les cas autorisés.
L’objectif opérationnel est de maintenir la praticabilité de l’escalier pour l’évacuation et l’accès des secours tout en limitant le risque d’embrasement généralisé et de perte de résistance mécanique des structures.

Cadre réglementaire

Les établissements recevant du public (ERP) sont soumis au règlement de sécurité incendie avec des obligations de classement, de compartimentage, de matériaux et de désenfumage des circulations et escaliers selon leur catégorie et type.
Les immeubles d’habitation relèvent de l’arrêté du 31 janvier 1986, cité dans le corpus réglementaire, avec des exigences spécifiques pour les circulations communes et les escaliers.
Les exigences de désenfumage et de gestion des circulations varient selon l’usage, la capacité et la configuration, ce qui impose de caler le plan de protection sur la qualification ERP ou habitation de l’immeuble.

Matériaux et traitements

La réduction de la combustibilité passe par le remplacement des textiles et moquettes très inflammables par des revêtements présentant une meilleure tenue à l’inflammation ou par l’ignifugation certifiée des textiles.
Le bois apparent des parois, garde-corps et limons doit recevoir des traitements ou finitions retardatrices de flamme visant à augmenter la résistance à l’inflammation et à limiter la contribution aux fumées.
La stratégie matériaux doit viser une baisse mesurable de l’inflammabilité en combinant choix de produits et protections de surface dans toutes les zones d’impact potentiel de flamme et de fumées.

Compartimentage et portes

Les portes des locaux débouchant sur la cage d’escalier doivent participer au compartimentage, afin d’empêcher l’apport direct de fumées et de chaleur dans la circulation verticale.
La cohérence du compartimentage avec la destination ERP ou habitation conditionne les performances attendues des fermetures et des liaisons palier–escaliers.
Le maintien en état et l’auto-fermeture fiable des portes des circulations encloisonnées sont indispensables pour l’efficacité du désenfumage et la protection des cheminements d’évacuation.

Désenfumage

Le désenfumage vise à évacuer les fumées chaudes et à créer une hauteur d’air libre, par exutoires, ouvrants en façade ou conduits, avec amenées d’air en partie basse, sans mélanger naturel et mécanique dans un même volume.
Les escaliers encloisonnés doivent être désenfumés ou mis en surpression lorsque c’est autorisé, la mise en surpression assurant la protection contre l’entrée des fumées dans l’escalier.
Le déclenchement doit être manuel et, selon les cas, automatique, en articulation avec le système de sécurité incendie du bâtiment.

Détection et alarme

En ERP, les obligations de détection et d’alarme s’intègrent au classement et conditionnent la commande des dispositifs de désenfumage et la diffusion de l’alarme aux occupants.
La stratégie de détection doit permettre un déclenchement précoce des fonctions de sécurité sans fausses manœuvres, spécialement dans les circulations et zones attenantes à l’escalier.
La cohérence détection–désenfumage–compartimentage est déterminante pour maintenir la praticabilité des escaliers tapissés/boisés.

Exploitation et maintenance

Les dispositifs de désenfumage, fermetures et traitements coupe-feu nécessitent des vérifications périodiques et des essais réguliers consignés, selon les exigences applicables à l’ERP ou à l’habitation.
Le personnel d’exploitation et les résidents doivent connaître les procédures d’alarme, d’ouverture des exutoires si commande manuelle, et de maintien des issues dégagées.
La mise à jour de la notice de sécurité et la formation aux consignes renforcent l’efficacité des mesures de protection en situation d’incendie.

Pendant travaux

En phase de chantier, la protection temporaire des marches, limons, nez de marche et parois boisées doit utiliser des matériaux de protection compatibles avec les exigences de réaction au feu de la zone.
Les cheminements doivent rester libres, antidérapants et lisibles, avec un phasage qui maintienne l’intégrité du compartimentage et la disponibilité des ouvrants et exutoires de désenfumage.
Les procédures de permis feu et la maîtrise des sources d’ignition sont impératives dès lors que des opérations de ponçage, vernis ou collage sont engagées dans une cage d’escalier.

Contexte local

Saint-Denis est une commune de la proche banlieue nord de Paris, au sein de la Plaine Saint-Denis, avec des continuités urbaines vers Aubervilliers et Saint-Ouen-sur-Seine, ce qui induit des typologies d’immeubles variées et des flux importants.
La couverture incendie et secours relève de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, compétente sur Paris et la petite couronne incluant la Seine-Saint-Denis, avec des moyens dimensionnés pour des temps d’intervention courts.
La coordination des plans d’intervention et l’accessibilité des cages d’escalier ont donc un rôle central pour la réussite des opérations de secours dans ce territoire dense.

Parcours d’évacuation

Les parcours d’évacuation doivent être identifiés, libres d’obstacles, et signalés, avec une attention spécifique aux escaliers où des revêtements textiles pourraient nuire à l’adhérence et amplifier la production de fumées.
La signalétique et l’éclairage de sécurité doivent rester lisibles en atmosphère enfumée, ce qui suppose un désenfumage conçu pour conserver une couche d’air respirable en tête de marche.
Les paliers doivent être traités comme zones tampons, limitant l’apport de fumées par la fermeture des portes et la commande des ouvrants selon les scénarios définis.

Gouvernance du plan

Le plan de protection doit préciser responsabilités, périodicité des vérifications, consignes d’exploitation et calendrier de travaux de mise en conformité, en lien avec le classement ERP ou habitation.
Un registre de sécurité consigne essais de désenfumage, contrôles des fermetures et interventions sur les revêtements et traitements ignifuges du bois.
La mise à jour annuelle et après tout changement significatif de matériaux ou d’usage est recommandée pour conserver la cohérence technique et réglementaire.

Étapes clés d’application

  • Diagnostic initial des matériaux combustibles dans la cage (textiles, lambris, marches bois, garde-corps) et de l’état des dispositifs de désenfumage et de fermeture.
  • Qualification réglementaire de l’immeuble (ERP par type et catégorie ou habitation) et identification des obligations associées.
  • Stratégie matériaux: remplacement/traitement ignifuge des textiles et bois pour limiter l’inflammabilité et la fumée.
  • Mise à niveau du compartimentage et contrôle des portes desservant l’escalier, avec auto-fermeture et continuité des joints.
  • Conception ou remise en état du désenfumage de l’escalier (exutoires/ouvrants/surpression autorisée), avec amenées d’air et commandes manuelle/automatique adaptées.
  • Intégration au système de sécurité incendie, procédures d’alarme et consignes d’évacuation, avec essais périodiques.
  • Plan de maintenance et registre de sécurité, incluant contrôles des finitions ignifuges et des dispositifs de désenfumage.
  • Coordination locale avec la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris sur les accès et particularités d’immeubles pour faciliter l’intervention.

Focus matériaux bois et textiles

Le bois de marche, limon ou parement doit recevoir des produits de finition à performance d’ignifugation vérifiable pour retarder l’inflammation et réduire la propagation de flamme.
Les revêtements textiles de parois ou sols doivent être remplacés ou traités afin de présenter une combustibilité réduite, diminuant la charge en fumées en cas de sinistre.
Ces choix viennent en complément du désenfumage, qui reste le levier prioritaire pour maintenir une zone d’air libre et assurer l’évacuation.

Entretien et essais

Des essais réguliers garantissent l’ouverture des exutoires, la manœuvre des ouvrants, la tenue des ferme-portes et la lisibilité des cheminements d’évacuation.
Les contrôles s’inscrivent dans les obligations ERP ou les bonnes pratiques d’habitation, avec traçabilité dans le registre de sécurité.
Tout remplacement de revêtement ou retrait de protection doit être analysé pour conserver l’équilibre entre matériaux, compartimentage et désenfumage.

Environnement territorial

La Plaine Saint-Denis s’étend sur Saint-Denis, Aubervilliers et Saint-Ouen-sur-Seine, avec des continuités bâties et des circulations qui imposent une vigilance accrue sur les accès et les issues.
L’implantation dans la petite couronne facilite l’intervention de la Brigade, mais suppose des plans d’accès clairs et des escaliers dégagés et désenfumés pour optimiser les temps d’engagement.
Adapter le plan de protection à ces réalités urbaines renforce l’efficacité des mesures de prévention et de secours.

Conclusion pratique

Pour des cages d’escalier tapissées/boisées, la combinaison d’une stratégie matériaux peu combustibles ou traités, d’un compartimentage maîtrisé et d’un désenfumage bien dimensionné est la base de la sécurité.
Cette base doit être encadrée par les prescriptions applicables au statut du bâtiment et mise en œuvre avec une maintenance rigoureuse et une coordination locale avec la Brigade.
À Saint-Denis et dans sa continuité urbaine vers Aubervilliers et Saint-Ouen-sur-Seine, cette approche systémique garantit des escaliers praticables et un accès rapide des secours.

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